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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:26
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« Manger tue » : tel est le constat violent de Madame Marie-Monique ROBIN, journaliste, ayant reçu le prix Albert Londres, qui par son discours et sa « démonstration » va être plus efficace pour le régime des français que le régime du bon Dr Dukan.
 
Il faut éliminer de votre alimentation fruits et légumes, de la pomme à la poire en passant par la fraise et tous les fruits que les agriculteurs français produisent.
Pas de salade non plus , au delà des 99% d’eau le reste n’est que pesticide.
Bien entendu, il en est de même pour la pomme de terre , le persil, le céleri et bien d’autres.
Pas de poissons ni de viandes car entre les antibiotiques des uns et l’alimentation des autres nous courrons des risques mortels.
Pas de boisson light : mieux vaut grossir avec un bon soda sucré que de prendre de l’Aspartame, vous savez ce produit qui existe depuis 30 ans et qui, accusé de tous les maux, a toujours renvoyé ses détracteurs dans leur but, à coup de contre-expertises ou d’insuffisance de sérieux des démonstrations. 
 
Pourtant les instances sanitaires françaises, le ministère de l’agriculture et la commission européenne ont réduit à la portion congrue les produits autorisés comme pesticides dans l’agriculture. Même José Bové en convient. Les efforts sont poursuivis, parfois au détriment des agriculteurs d’ailleurs qui se retrouvent à avoir à utiliser des produits plus chers qui font que beaucoup sont amenés à vendre à perte ou à vivre sans revenu décent.
 
On sait que le bio est une voie, mais aujourd’hui la France est en très large déficit de production et doit importer massivement des produits bio venant de pays ou les normes de ce bio sont plus que douteuses.
 
Bravo pour l’empreinte carbone de notre consommation alimentaire, je connais des verts et un ministre qui ne vont pas être enchantés.
 
Tout cela n’est pas sérieux.
 
Encore une fois le  « principe de précaution » appliqué sur des conceptions non démontrées selon les principes scientifiques fait un mal considérable à notre société notamment dans le domaine de la santé.
Le principe de précaution de Madame Bachelot pour la grippe H1N1, basé sur l’avis de quelques experts n’ayant fait qu’un travail imparfait a coûté environ 700 millions d’euros à la France. Que dire de la grippe aviaire ou de la vache folle. ?

Selon le principe de précaution on n’a plus de médecine sérieuse. On n’utiliserait plus la majorité des médicaments qui soignent mais qui ont des risques d’effets secondaires.

La médecine qui est basée, elle, sur le principe du bénéfice - risque donne un bel exemple de ce qu’il conviendrait de prôner. Etayées par des études sérieuses et scientifiques, les décisions ne seraient plus motivées par des sensations, des convictions individuelles fortes, des croyances quasi dogmatiques, mais par des références rassurantes et fiables.
 
Enfin, Madame Marie-Monique MORIN, on éviterait de développer une peur, un manque de confiance, une défiance vis à vis de tout ce qui fait le corps de notre société. Cette peur est déjà tellement présente en France que notre pays est le pays dont la population est la  moins optimiste d’Europe.
Un fond de commerce comme le vôtre est mortifère pour une société en manque de repère comme la nôtre, et une réflexion personnelle sur vos responsabilités s’impose. 
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Published by Pierre AZAM - dans ACTION
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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:20

Fotolia_4399664_XS.jpgDeux ans après la signature des chartes d'engagements des professionnels de l'agro-alimentaire concernant le marketing à destination des enfants, UFC-Que Choisir fait une étude de bilan des trois axes du dispositif volontaire


- l'amélioration qualitative des publicités

 

- la réduction des budgets publicitaires

 

- la qualité nutritionnelle des produits pour enfants. 

 

La réduction des budgets n'a duré que le temps d'une crise (2009), et les budgets sont depuis remontés de façon exponentielle. Si les garanties d'amélioration qualitative étaient minimalistes et ne tenaient pas compte de la qualité nutritionnelle, le principal échec reste la qualité nutritionnelle : les produits demeurent à l'opposé des recommandations nutritionnelles. De plus, si les produits ont quitté les écrans « enfants », c'est pour mieux impacter les tranches horaires où les enfants sont encore plus nombreux devant l'écran, alors même que les programmes ne les visent plus spécifiquement. 

 

En fait, le déséquilibre nutritionnel a augmenté dans leurs assiettes. Les produits hypercaloriques se retrouvent, non seulement plus nombreux au petit-déjeuner et au goûter, mais aussi dans le cadre scolaire, dans les en-cas apportés par les enfants

 

L'étude confirme aussi la corrélation entre les enfants les plus exposés aux publicités et ceux qui mangent plus gras et sucré. Encore et toujours, les populations les plus défavorisées sont les premières victimes de ce marketing. 

 

Cet échec de l'autorégulation doit pousser les pouvoirs publics à intégrer l'obésité enfantine dans le nouveau projet de loi santé publique, qui doit être présenté prochainement. 

 

UFC-Que Choisir demande que ce texte prenne en compte l'ensemble des facteurs liés à l'obésité, avec des mesures réglementaires encadrant les publicités aux heures de grande écoute des enfants, sur la base de la qualité nutritionnelle des aliments. 

 

L’association réclame un ensemble de mesures en direction des enfants, tels que le dépistage et la prise en charge des enfants en situation de surpoids ou d’obésité, la promotion de l’activité physique et sportive, l’amélioration de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire en direction du jeune public. 

 

UFC-Que-Choisir souhaite également que les publicités alimentaires aux heures de grande écoute des enfants soient encadrées par la loi, et que le Programme National Nutrition Santé (PNNS) ait pouvoir de validation éditoriale sur les programmes éducatifs que les professionnels ont promis de diffuser. 

 

Enfin, la dernière demande concerne encore l’INPES, dont les communications publicitaires devraient être gratuites, car son budget ne peut se mesurer à ceux des géants de l’agro-alimentaire. 

 

Espérons que ces demandes simples et appuyées par les nouveaux résultats alarmants de l’augmentation de l’obésité enfantine seront entendues et mises en application dans la prochaine loi de santé publique. 

 

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Published by E.L - dans ACTION
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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:29

Flickr_-_cyclonebill_-_Pommes_frites_med_salatmayonnaise_-1.jpg

Après le partenariat abracadabrantesque entre McCain voulant se racheter une virginité nutritionnelle dans un élan désespéré de « light-food-washing » avec la fondation Cœur et Artères, la marque agroalimentaire enfonce le clou de la malbouffe redevenant saine en jouant avec un second effet d’annonce.

Dans son communiqué publié début décembre 2010, les choses sont claires :

« Lille, 8 décembre 2010 - Pour la première fois McCain, le leader européen des produits surgelés à base de pommes de terre, est présent aux Journées Francophones de Nutrition (JFN), dont la 8ème édition a lieu au Grand Palais à Lille les 8, 9 et 10 décembre 2010. Cette participation aux JFN s’accompagne de la sortie d’un hors série des Cahiers de Nutrition et Diététique sur les pommes de terre, fruit d’une collaboration entre la Société Française de Nutrition et McCain. »

On reste pantois.

Cependant, la marque reste dans une ligne a priori d’honnêteté nutritionnelle lorsqu’elle affirme :

 « Pour la toute première fois, ce hors série des Cahiers aborde le thème de la pomme de terre, avec une approche à 360° : composition nutritionnelle, histoire et développement économique, enjeux écologiques liés à sa culture, influence des processus de cuisson sur sa composition nutritionnelle et sa digestibilité, consommation et risque de maladies cardiovasculaires, place des frites dans la culture européenne… »

Mais la présence de McCain dans cette manifestation peut tout de même poser question : en quoi McCain est-elle à 100 % légitime lorsque le terme « nutrition » est accolé à sa marque ? En quoi s’arroge-t-elle un quelconque poids sur la scène nutritionnelle, médicale, en mettant en avant son rôle dans le combat contre les risques médicaux notamment d’obésité ou de diabète cependant que l’on connait éperdument les risques liés à cette malbouffe ?

De plus, dans le numéro spécial de l'IFN (Institut Français pour la Nutrition), les deux articles sur les frites ne sont pas le fait d’autorités médicales. Le premier, concernant les « huiles végétales et friture »,  est rédigé par un membre de l'ITERG (Centre technique industriel des professions de corps gras) et le second, un article sur « Les frites, profondément ancrées dans la culture européenne » est signé par Mr H. Bonin, professeur d'histoire économique à Science Po Bordeaux.

Cependant, l’ensemble des autres articles sur la valeur nutritionnelle de la pomme de terre et autre déclinaison sont écrits par des scientifiques, des médecins.  Malgré tout, fonder des arguments devenant vite des arguties sur des plumes certes expertes mais non médicales peut là encore, poser problème. En effet il est difficile d'écrire que la friture est un « vecteur qualitatif pour contribuer à l'apport en acides gras de l'organisme ».

Juge et partie

Démontrer la pertinence de ces produits d’un point de vue nutritionnel dans ce type de contexte événementiel relève d’une relative indélicatesse. Présenter ainsi la marque comme contribuant à l’amélioration de la santé parce que ces frites sont moins grasses qu’elles ne l’étaient auparavant relève plus de la démarche mercatique que sanitaire !

La logique marketing et la logique des consommateurs frôlent le hiatus tant la lisibilité de McCain par le grand public sera brouillée, tant il deviendra difficile pour toute personne de faire la distinction entre un aliment réellement sain et un aliment mauvais pour la santé tel que celui-ci s’il est consommé de façon déraisonnable.

Double jeu

Si face aux consommateurs la marque devient difficile à positionner sur le marché agroalimentaire, que dire alors de la vision que pourront en avoir des malades souffrant d’obésité, de diabète, d’hypertension, etc. ?

Déculpabilisation : le terme est lâché. Les consommateurs, les malades, les enfants, les publics cibles sensibles en général, pourront consommer McCain à l’envi. Quand la malbouffe prend des arguments santé en lieu et place d’arguments marketing, il n’y a plus rien à craindre. On sait quelles sont les causes de l’épidémie d’obésité… bien que McCain ne soit pas la seule marque à incriminer sur ce dernier point.

 « Tout est bon dans McCain »

Ce slogan / titre du communiqué finit d’enfoncer le clou… « It’s all good »

Des huiles de bonne qualité, pas d’huile de palme, des graisses non hydrogénées excluant les acides gras trans, des pommes de terre sélectionnées… une cuisson avec moins de graisses polyinsaturées… et tout est bon ! Inutile alors de consulter un médecin, un nutritionniste, McCain s’occupe de tout.

Encore une fois, les efforts des politiques sanitaires, les PNNS, les mesures de prévention sont mis à mal par cette marque et d’autres encore se retrouvant à surfer sur la vague de la malbouffe bonne pour la santé.

Encore une fois, McCain communique pertinemment d’un point de vue marketing mais cela reste discutable d’un point de vue sanitaire.

Les effets de dupe ne durent pas, en général…

A lire aussi sur ce sujet, pour faire de bons choix, l’outil MADAM

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Published by SF - dans ACTION
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 22:36

promo_activite_physique.jpgDepuis quelques semaines vous pouvez voir des affiches ou plus récemment un spot à la télévision faisant partie de la nouvelle campagne de l'INPES : "bouger 30mn par jour, c'est facile !".

 

Jusqu'à présent, nous avons plus souvent été habitués au volet "manger" qui a permis - notamment parmi les plus jeunes - d'offrir une chance de modifier ou d'infléchir certains comportements. Néanmoins, la santé est une affaire d'équilibre et l'activité physique apporte également ses vertus salutaires. Malheureusement, ces messages ont mis plus de temps à trouver leur chemin et leur expression dans une société de plus en plus sédentairs et où le sport semble réservé à certains acharnés ou privilégiés ; il avait même déserté sensiblement les programmes scolaires...

 

Afin de parer ces a priori et ce sentiment que bouger était insurmontable, l'Inpes s'associe aux municipalités pour offrir une signalétique originale qui vous permet de vous déplacer à pied dans la ville, tout en sachant "compter les bons points" pour votre capital activité.

 

Si vous n'avez pas encore eu l'occasion, regarder la vidéo et rendez-vous sur les sites dédiés pour en savoir plus et notamment www.mangerbouger.fr.

 

 

 

 

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Published by T.A - dans ACTION
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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 21:10

 

reprise de l'article d'Olivier Robichon, Directeur de la publication de " LA LETTRE PHARMA"

avec son aimable autorisation

 

 

2656887596 479337cff8La journée d’hier restera probablement à marquer d’une pierre noire dans les couloirs du laboratoire SERVIER, rue Garnier à Neuilly. Un épisode qui a probablement rappelé aux plus anciens le retrait aussi délicat que médiatiquement agité de l’ISOMERIDE, intervenu en 1997, retrait qui avait provoqué une véritable tornade médiatico-scientifico-réglementaire. C’est d’ailleurs un médicament à la structure proche de celle de l’ISOMERIDE, l’anti-diabétique MEDIATOR qui se retrouve aujourd’hui au cœur de la tempête. Comme nous vous en avons tenu informé régulièrement, plusieurs actions en justice ont été intentées par des patients souffrant de valvulopathies cardiaques souvent très invalidantes et qui estiment être des victimes du MEDIATOR. 

 

PRESCRIPTION HORS AMM

Le produit avait été très largement prescrit par le corps médical et souvent hors AMM à des patientes à la recherche de pertes de poids. Lorsque, il y a presque un an jour pour jour, l’AFSSAPS suspend l’AMM du MEDIATOR, 300.000 français sont encore traités par ce médicament. A l’époque, deux études dont une réalisée par les laboratoires SERVIER eux-mêmes et dont l’objectif était de réévaluer le bénéfice risque du médicament semblaient attester de l’existence d’un risque potentiel d’émergence d’anomalies valvulaires. Comme a tenu à le rappeler le laboratoire SERVIER aujourd’hui, l’étude réalisée par le groupe évaluait chez 847 malades outre l’efficacité antidiabétique, l’état des valves cardiaques par une technique écho cardiographie très précise, avant et après 12 mois de traitement.  Cette étude a confirmé l’efficacité de l’antidiabétique et montré la présence d’anomalies morphologiques valvulaires préexistantes, c’est à dire avant tout traitement chez 51% des malades et l’apparition d’anomalies morphologiques valvulaires chez 8 malades du groupe MEDIATOR contre 4 malades du groupe contrôle. 

 

L’ensemble de ces données conduit donc le 26 novembre 2009 à la suspension de l’AMM. A cette époque et par mesure de précaution, l’agence recommandait aux prescripteurs un interrogatoire et un examen clinique de tous les patients ayant eu un traitement par MEDIATOR dans le passé et ce à l’occasion de leur prochaine consultation médicale. Jusque là donc, AFFSSAPS d’un côté et SERVIER de l’autre sont plutôt en ligne sur une même position. Certains reprochent aujourd’hui à l’AFSSAPS d’avoir fait preuve d’un attentisme tout particulier, notant par exemple que d’autres pays tels que l’Espagne ou l’Italie avaient suspendu en 2003 la commercialisation du produit. Il semble pourtant avéré que cette suspension avait été décidée par le laboratoire lui-même et ce pour des raisons plutôt commerciales. C’est après, et plus précisément pendant l’été 2010, que les choses dérapent et que les deux protagonistes vont se retrouver l’un contre l’autre dans des positions finalement contradictoires. L’AFSSAPS commande en effet à la CNAM, qui  possède un archivage statistique des patients ayant pris du MEDIATOR et ce au cours des 4 précédentes années, une étude complémentaire pour essayer « de  cerner l’impact possible de la consommation de MEDIATOR sur les hospitalisations  et la mortalité à la suite de valvulopathies ». C’est sur la base de ces résultats que l’estimation tombe donc hier lundi sur le bureau de toute la presse francaise : « les analyses des experts épidiomologistes estiment qu’environ 500 décès seraient attribuables au MEDIATOR sur l’ensemble des utilisateurs du médicament depuis sa mise sur le marché en 1976, il y a 34 ans ». 

 

 

 

EXTRAPOLATION OU SPECULATION ?

Prudente, l’AFSSAPS précise que seule une expertise clinique individuelle au cas par cas peut permettre de déterminer une imputabilité possible à l’utilisation du médicament. Les chiffres communiqués ne sont donc que des estimations d’impact. Et c’est bien là que le bât blesse ! selon le groupe, le rapport de la CNAM s’il apporte des éléments complémentaires ne remettant pas en cause les analyses initiales, procède en fait d’une extrapolation de la part des experts consultés, ceux-ci extrapolant donc un risque de décès possiblement liés à la prise de MEDIATOR. Et SERVIER de re-souligner en gras dans son communiqué de presse : « Le Groupe de Recherche Servier souligne que ces chiffres sont des hypothèses fondées sur des extrapolations ». L’argumentation du groupe est simple : « Dans la population générale, la fréquence des atteintes valvulaires cardiaques est de 2,5%. La prévalence de ces valvulopathies augmente avec l’âge et la présence de diabète. 


L’étude contrôlée précédemment citée montre même la présence d’anomalies valvulaires préexistantes chez près d’un diabétique sur deux ». Pour SERVIER donc : « La simple constatation d’une valvulopathie chez un diabétique ne permet donc pas d’imputer celle-ci à un traitement médicamenteux ». Et le groupe de rester sur sa position : « Par mesure de précaution, il est conseillé aux patients d’en parler à leur médecin traitant à l’occasion de leur prochaine visite de suivi pour rechercher une éventuelle symptomatologie fonctionnelle compatible avec une valvulopathie ou un souffle à l’auscultation ». 

 

 

ERREUR DE COM

Un porte-parole du groupe SERVIER, cité anonymement par le FIGARO, revient avec une autre approche sur les chiffres communiqués par le rapport de la CNAM « Depuis un an il y a eu 4 plaintes concernant le MEDIATOR. Si l’on rapporte le nombre de 500 décès au nombre de patients qui ont pris le produit sur 33 ans, on arrive à un risque de 0.005% soit 5 pour 100.000 patients traités. Un chiffre vraiment très bas même si en terme d’image de marque c’est déplaisant ». Une déclaration très peu appréciée des médias qui reprochent à ce porte parole (visiblement, Laurent SORCELLE) une tonalité par trop dédramatisante. De quoi abimer encore la réputation d’un laboratoire qui a toujours souffert dans les figures imposées de la Communication. 

                       

UN PROTOCOLE OUBLIE

A noter que de rares médias sont revenus sur un élément généralement oublié : le MEDIATOR a été prescrit par de très nombreux médecins en dehors des indications du produit et donc en dehors du protocole de prescription. Sophie ORTEGA, médecin spécialisé en diabétologie, est notamment interrogée sur ce point sur le site de Paris Match. Elle précise : « Pour prescrire le MEDIATOR il y avait un protocole à suivre : un comprimé par jour la première semaine, deux la deuxième et trois la troisième. Cette progression avait pour but d’éviter les effets secondaires comme l’inconfort digestif, l’écœurement et autres. Sauf que ce sont justement ces effets secondaires et notamment le fait de couper l’appétit qui ont conduit à certaines dérives ».

 

 

CHARGE MEDIATIQUE, EMBALLEMENT POLITIQUE

La presse du jour se saisit donc de l’information parfois sans nuance généralement bien éloignée des débats scientifiques et de la distinction entre extrapolation et évaluation. Pour les médias le constat est simple, le MEDIATOR a fait 500 morts. Il n’en fallait pas plus pour que le nouveau duo responsable des questions de santé au sein du gouvernement Xavier BERTRAND et sa Secrétaire d’Etat Nora BERRA, se saisissent définitivement du dossier et convoquent hier après-midi une conférence de presse où ils apparaissent donc pour la première fois côte à côte. Selon Xavier BERTRAND, le MEDIATOR aurait bien causé au moins 500 morts selon une estimation approximative. Jean MARIMBERT, directeur général de l’AFSSAPS qui assistait le couple ministériel est lui aussi monté au créneau pour défendre la postions de son agence : « L’existence d’un impact n’est pas douteuse, on peut tenir pour certain qu’il y a eu des décès à cause du benfluorex (la molécule du MEDIATOR) ».

 

Aux critiques de SERVIER qui parle donc d’extrapolation, Jean MARIMBERT rétorque : « Oui c’est une extrapolation pas une élucubration ». C’est au niveau des mesures d’accompagnement que l’on semble vouloir monter d’un cran histoire de montrer que le gouvernement veille : la CNAM va envoyer, aux patients ayant pris du MEDIATOR au moins trois mois au cours des 24 derniers mois, un courrier leur conseillant de consulter un médecin. En réalité se sont bien les patients ayant pris le MEDIATOR au moins trois mois mais au cours des 4 dernières années qui sont concernés. Seul problème : la CNAM efface ses données nominales au bout de 24 mois. Des dizaines de milliers de courriers devraient donc partir, une communication plus anonyme étant faite à destination des autres patients. Peu désireux de s’encombrer avec ces précautions, Xavier BERTRAND a choisi au cours de la conférence de presse d’y aller franco : « Je recommande à tous ceux qui ont pris du MEDIATOR de consulter leur médecin traitant ». D’autre part Xavier BERTRAND a confirmé qu’il comptait bien utiliser cet incident pour tenter d’améliorer l’alerte sanitaire notamment en utilisant les bases de données de la CNAM. 

 

 

Affaire pour les uns, scandale pour les autres

24 heures après la publication du rapport de l’AFSSAPS, c’est au tour des Laboratoires SERVIER eux mêmes de se retrouver au cœur de la tornade. Et c’est une fois encore le député de  la Région Toulousaine, Gérard BAPT d’asséner les premiers crochets du droit, limite en dessous de la ceinture : « Lorsque le dossier Mediator arrive à la table de la commission de mise sur le marché de l'Afssaps, l'un des experts est le mari d'une responsable de service chez Servier. Il est établi que le laboratoire était destinataire des mails qu'échangeaient les membres de la commission », s'indigne Gérard Bapt, qui a demandé la démission de son président cet été. « A ce jour, il occupe toujours son poste et compte, depuis le 6 novembre, au nombre des récipiendaires de la Légion d'Honneur », observe l'élu qui, en l'état de l'Afssaps, ne serait pas étonné de voir surgir de nouveaux scandales sanitaires… » . Cette déclaration publiée aujourd’hui par le quotidien Régional La Dépêche tente clairement d’élargir la focale des suspicions. 

 

D’autres supputent sur l’influence qu’une grande entreprise telle que SERVIER peut avoir lorsqu’il s’agit de décisions difficiles. Ainsi, dans le Télégramme De Brest , la question est clairement posée « Si Servier n'avait pas été un laboratoire pharmaceutique français, aurait-il pu échapper aussi longtemps au retrait de son médicament et à ses conséquences économiques? ». Pire encore, on se penche sur les réseaux du groupe et de son fondateur, « Ami proche de Nicolas Sarkozy ». Le fait qu’en son temps l’avocat Nicolas SARKOZY, ou en réalité son cabinet, ait travaillé pour SERVIER devrait permettre à certains d’en rajouter une couche sur le thème du grand complot. 

 

Plus global, Philippe ESCANDE dans Les ECHOS, s’attaque au secteur tout entier : « Dans la pharmacie, le principe de précaution s'utilise donc à l'envers. Tant que le caractère nocif d'un produit n'est pas démontré, on continue à le vendre. Bien sûr, les médicaments les plus efficaces ont tous leur part de risque ». Il semble que l’auteur de ces lignes soit plus habitué à avaler des médicaments qu’à les produire. 


Sous un titre sans nuance, « Le Mediator du Scandale », il compare même SERVIER et BP, pour conclure : « Ainsi, au XXI e siècle, pour protéger leurs ventes, des entreprises prennent encore le risque de la réputation pour elles, et de la santé pour d'autres. Troublant. Comme l'est aussi l'attitude des autorités sanitaires pas toujours très promptes à réagir. La question de l'indépendance du régulateur face aux intérêts industriels et politiques est à nouveau posée. Il est temps d'y apporter une réponse ». 

 


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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:39

5086915452_cb964a96f6.jpgAprès avoir annoncé notre soutien à l'initiative de Pierre Priolet, l'ObObs réagit suite à la dernière newsletter publiée sur son site concernant l'accès aux fruits.

 

Monsieur le Ministre,

 

C'est en tant que président de l'Observatoire de l'Obésité (ObObs) que je vous écris pour attirer votre attention sur le courrier de Pierre Priolet que, j'imagine, vous connaissez déjà.

 

Vous connaissez son énergie et son envie de faire que le monde de l'agriculture puisse vivre correctement de ses productions. Il met l'accent sur la richesse que cette activité représente pour la France, et tire la sonnette d'alarme sur tous les points qui font qu'elle ne peut permettre aux exploitants de survivre.

 

A l'Observatoire de l'Obésité (ObObs) nous sommes très sensibles au combat de Pierre Priolet ─ que nous soutenons déjà, car il est connecté au notre : accès aux fruits et légumes à leur juste coût, produits agricoles protégés de l'agressivité tarifaire de la distribution, afin de permettre aux plus grand nombre, dont les enfants, de disposer de ces produits, et juste alternative aux produits trop gras et trop sucrés qui les attirent.

 

Nous sommes prêts à travailler avec vous, auprès de vous, sous quelque forme que ce soit pour que cette bizarrerie de notre société puisse disparaître au bénéfice du pouvoir d'achat des Français.

 

Nous restons et je reste à votre disposition pour imaginer ce que nous pourrions faire

 

Cordialement,

 

Dr Pierre Azam

 

 


 

 



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